lundi 7 septembre 2009
Avant le dodo
Quand j'étais une petite fille, je passais mes vacances d'été chez ma grand-mère. Cette femme pieuse nous dorlotait et nous encadrait avec brio. Sa maison a été construite en 1851. C'était une grande maison et pour l'époque une maison de riche campagnard. Probablement avec les chiottes à l'extérieur mais du moment de l'achat de la maison il y avait toutes les commodités que l'on puisse désirer dans une maison en plein rang.
Il y avait un dortoir mansardé en haut de la maison. Tout d'une seule pièce. Il y avait 2 lits doubles et un lit simple. Il y avait assez d'espace encore pour une immense table et un meuble de couture. C'est là que ma grand-mère faisait ses patrons de courtepointe. C'est là que se trouvaient ses coffres de tissus multicolores, ses fils au couleurs infinis et des boutons dans des pots, classés par couleurs. et de chaques extrémités il y avait de petites portes qui offraient de l'espace de rangements dans l'entre-toit. Tous les souvenirs de ma bonne vieille mémé s'y retrouvaient.
Pour moi ce lieu était la caverne d'Alibaba grand-mère. Même mon grand-père n'y mettait pas les pieds. C'était le lieu sacré de Mémé. Et j'avais le privilège de dormir dans ce lieu magique.
Tous les soirs, ma grand-mère nous accompagnait pour s'assurer que nous étions bien installés dans nos lits. Moi et ma petite soeur occupions le grand lit au milieu de la chambre et mon frère le petit lit simple tout au fond de la pièce. Et nous nous installions sur notre lit, à genou et on priaient avec elle. Nos petites mains jointes on récitait le Notre Père et on demandait de nous bénir. En silence j'ajoutais de tenir les monstres de la forêt loin de nous. J'avais toujours peur de la forêt au loin. J'avais peur des bruits étranges dans la nuit. Les craquements, les grincements et les hululements des hiboux dans les bois me terrorisaient.
Et parfois, elle veillait jusqu'à ce que nous dormions à poing fermés. Elle savait que nous avions peur et elle gardait un chapelet qui brillait la nuit accroché à la tête de lit. J'avais la frousse de le regarder d'ailleurs.
Elle m'a laissé un bel héritage, celui de garder l'espoir et la foi. Elle m'a aussi transmis le don de la clairvoyance et elle me disait toujours que tant que je priais Dieu les bruits de la nuit et les fantômes ne perturberaient pas mon sommeil. Elle est partie il y a maintenant 19 ans mais j'ai gardé le rituel du dodo. Certes je ne me mets plus à genoux mais je récite le Notre Père tous les soirs avant de m'endormir.
dimanche 24 mai 2009
merci Mickey
Mickey m'a référé à une charmante chanson sur Youtube et cela m'a amené à une de mes chansons préférées tirée des Aristochats.....Un classique quoi.
Je voulais juste partager avec vous cette douce nostalgie de gamine qui est enfouie en moi. Ne vous demandez pas pourquoi j'aime autant les chats....
et il y a aussi celle-ci qui me charme encore.........
vendredi 30 mai 2008
humez-moi cette odeur...
Rien n'est comparable à cette odeur, cette douceur. L'herbe fraîchement coupée, le foin coupé. En revenant du travail hier, j'ai traversé mon petit boisé et je traverse aussi un grand parc. La ville venait tout juste de coupé le gazon. l'odeur était délicieuse assez pour que je m'assoie quelques instants sur un banc, juste pour apprécier. J'ai pu dire bonsoir au jeune couple qui ont adopté un chiot MIRA et caresser cette belle bête qui sera un jour guide pour un handicapé physique ou visuel.
Humer une odeur qui nous rappelle notre jeunesse est tellement agréable, cela joue aussi sur notre humeur. Malgré la fatique de la semaine, le rhume qui me harcèle, j'ai quand même pu apprécier ce petit moment de bonheur. Ben oui, pour ceux qui me croit aigrie et pessimiste et ben non je suis une femme capable d,apprécier les petits bonheur.
Quand j'étais une toute petite fille, tout le monde qui me lise le sait,je passais mes étés chez grand-mère en campagne. Je me rappelle quand ma mère sillonnait le chemin nous menant chez grand-mère et qu'on percevait à perte de vu, des champs rasés et des ballots de foins bien serrés séchant au soleil avant la collecte, j'étais heureuse. Cette odeur de campagne me remplisasit de joie indescriptible. Je savais que j'arrivais dans mon univers de bonheur.
Le soir, après mon bain, je mettais ma robe de nuit en coton et dentelle et j'allais dehors m'assoir à la balançoire que grand-papa avait installé pour nous. Étant l'ainée, j'avais le privilège d'aller me coucher 30 minutes plus tard que les autres. J'aimais ce moment bien à moi où je pouvais laisser libre court à mon imagination fertile et féérique. Je me balançais, laissant ma robe de nuit flotter au vent et je humais le foin coupé. Je humais cette odeur paisible à mon esprit. Je chantais aussi et je m'imaginais être une princesse attendant son prince charmant. Je l'imaginais combattant les dragons cachés dans le bois au fond de la terre. Je m'imaginais qu'il viendrait me déclarer son amour et demander ma main à mon père.
Quand j'y repense, j'ai vraiment cru que cela m'arriverais. j'avais entre 8 ans et 10 ans et déjà le complexe de cendrillon avait pris possession de mon esprit. Quand je pense que j'ai bientôt 44 ans et que je me berce encore parfois dans mon esprit........J'espère que le prince charmant n'a pas trop de difficulté avec les dragons de mon enfance car il se fait attendre . Malgré plusieurs années de thérapie et consciente de ce que je suis, il m'arrive parfois de combattre ces besoins affectifs.....vivre seule aide pas à garder la tête froide et faire de bons choix sentimentaux alors je vais attendre le prince charmant.
samedi 5 janvier 2008
10 ans déjà VERGLAS
Je lisais le blog de Nickie ce matin et je me remémorais ce 5 janvier 1998. Je me remémorais combien j'ai eu peur. J'habitais le nord de la ville de Montréal et dans mon secteur très résidentiel ce sont les arbres qui ont écopés le plus de cette glace meurtrière.
Mes enfants n'habitaient pas avec moi à cette époque et ils étaient en sécurité avec leur papa. Du moins je supposais puisque je ne pouvais communiquer avec eux. Ce n'est que quelques années plus tard que j'ai su que tout avait bien été.
J'ai communiqué avec mes amis de l'époque dont Jean-François, Wilène et Anne. Anne et moi avions de l'électricité, donc du chauffage aussi.Et en passant le mot nous sommes devenus des petits centres d'hébergement. J'ai recueuilli Jean-François et la petite famille de Wilène qui habitait à 2 kilomètres de chez moi. Justement à propos de sa venue chez moi, ce fut une sacrée aventure.
À cette époque, elle avait une petite fille de 3 ans et une de 3 mois. Les rues étaient des patinoires et les fils électriques brisés jonchant les rues accompagnés des branches cassées rendaient l'usage de voiture impossible. Son frère adolescent vivant avec elle ne voulait pas la laisser sortir seule et avec raison. Donc, je laisse Jean-François chez moi et je vais chercher la petite famille à pied. Ce 2km se fait en temps normal en 20 mins mais il m'en a fallu 2 heures cette fois pour me rendre. Les branches énormes bloquaient tout et sans oublier que les servives de pompiers, la police et quelques soldats étaient partout pour nous guider entre les branches et les fils électriques qui étaient encore chargés d'électricité. On aurait cru un film sur la fin du monde.
Arrivée chez Wilène je sentais déjà le froid envahir la maison, elle faisait partie des malchanceux qui n'avait plus d'électricité. Son frère avait deux sacs à dos remplis de couches et de lait pour la petite et de denrées au cas où comme il disait. J'avais la petite de 3 mois dans un sac ventral pour bébé bien attaché sur moi et Wilène avait la charge de sa petite fille qui ne voulait pas lacher sa main et pour cause.
Le retour fut encore plus difficile que je ne le croyais. Marcher avec un petit trésor attaché sur soi et ne pas savoir où mettre les pieds c'est la panique. Sheena, 3 ans, regarde autour d'elle et elle pleure, elle a peur, elle voit les policiers, les soldats.....elle ne comprend rien. Comment lui dire que tout ira bien avec conviction alors que j'ai la trouille, Wilène aussi.
Au total, il nous a fallu 4 heures pour faire ce périple ce qui prend normalement 40 mins. Arrivé à la maison, j'ai apprécié me retrouver dans mon petit univers sécurisant et chaleureux. Jean-François était super inquiet et il nous a préparé un bon café bien chaud. Nous avons passés quelques jours ensembles et on regardait ce qui se passait dehors via la télévision.
Graduellement la ville de Montréal a repris vie et les activités sont redevenues presque normales mais cet événement restera marqué longtemps dans la mémoire des gens et milles et une anecdotes y sont rattachés.

photo prise ici
samedi 22 décembre 2007
Ha l'odeur de la bonne bouffe...
Ce matin ma douce amie Nickie m'a accompagné pour faire le marché. Je l'ai vraiment apprécié, merci ma grande.
J'ai pu commencer plus tôt à préparer la viande pour les tourtières et la faire mijoter doucement. J'aime les arômes qui se dégagent de ma cuisine en ce moment. J'ai la nostalgie dans l'âme.
Je me revois petite fille, bien assise au salon, dans la maison de ma grand-mère. La joie au coeur je humais les odeurs de la dinde qui rôti dans le four, les tourtières qui cuisent doucement, les pommes de terre qui se transforment en délicieuse purée et ma grand-mère savait si bien faire bouillir à point les carottes, navets et céleris Hummmm !!!! Et que dire des desserts ho lala !!!! Tarte au sucre, gâteau aux fruits, tarte aux pommes, bon Dieu que c'était délicieux.
Le rire de mes oncles assis dans la salle à diner à jouer aux cartes, mes cousins et cousines qui s'amusaient en chantant des chansons de Noël avec moi au salon. Mes tantes qui placotaient de tout et de rien avec grand-maman dans la cuisine tout en préparant la bouffe. Ce sont mes beaux souvenirs du temps des fêtes.....
Je ne sais pas pourquoi, ou plutôt je sais trop bien, mes noëls sont devenus mouins beaux quand j'ai commencé mon adolescence.......
mardi 4 décembre 2007
Le tablier de grand-mère
Te souviens-tu
du tablier de ta grand-mère ?
Le principal usage du
tablier de Grand'Mère était de protéger la robe en dessous, mais en plus de
cela, il servait de gant pour retirer une poêle brûlante du fourneau; il était
merveilleux pour essuyer les larmes des enfants, et à certaines occasions,
pour nettoyer les frimousses salies.
Depuis le poulailler, le
tablier servait à transporter les oeufs,les poussins à réanimer, et parfois les
oeufs fêlés qui finissaient dans le
fourneau.
Quand des visiteurs arrivaient, le tablier
servait d'abri à des enfants timides; et quand le temps était frais,Grand'Mère
s'en emmitouflait les bras.
Ce bon vieux tablier faisait
office de soufflet, agité au dessus du feu de bois. C'est lui qui transbahutait
les pommes de terre et le bois sec jusque dans la
cuisine.
Depuis le potager, il servait de panier pour de
nombreux légumes.
Après
que les petits pois aient été récoltés venait le
tour des choux.
En fin de saison il était
utilisé pour ramasser les pommes tombées de
l'arbre.
Quand des visiteurs arrivaient de façon
impromptue, c'était surprenant de voir avec quelle rapidité ce vieux
tablier pouvait faire la poussière.
A l'heure de servir le
repas, Grand'Mère allait sur le perron agiter son tablier, et les hommes au
champ savaient aussitôt qu'ils devaient passer à
table.
Grand'Mère
l'utilisait aussi pour poser la tarte aux pommes à peine sortie du four sur le
rebord de la fenêtre pour qu'elle refroidisse, tandis que, de nos jours, sa
petite fille la pose là pour décongeler.
Il faudra de bien longues
années avant que quelqu'un invente quelque objet qui puisse remplacer ce bon
vieux tablier qui servait à tant de choses.
mardi 11 septembre 2007
simplement
Quand j'étais une petite fille, je m'amusais avec peu de chose. J'ai souvent passé du temps seule à m'inventer un univers qui n'appartenait qu'à moi. Courir dans les champs pour attrapper des papillons, ou des grenouilles. M'assoir au bord de la crique avec une petite canne à pêche pour attraper un poisson sans hâmeçon ni ver mais bon Dieu que j'aimais la paix que je ressentais.
Au printemps j'allais jouer dans le lac. Je prenais un pot en verre et j'y mettais des tétards. Je pouvais passer des journées complètes à les ramasser et le soir venu je les remettais à l'eau. Il m'arrivait aussi de faire des petits bateaux en papier et les laisser gliser le long d'une rivière et imaginer des courses de navires extra puissants.
Parfois, après le bain, je mettais ma longue robe de nuit avec dentelle et je me balançais dans la belle balançoire faite par mon grand père et je chantait des chansons ou bien je rêvassais à un beau prince charmant qui viendrait me demander de l'épouser.
Je ne regrette pas un instant mes jeux en solitaire. Je l'ai toujours été d'ailleurs. Simplement je vivais le moment présent. J'aimais m'occuper des animaux aussi et ma mère tout comme ma grand-mère m'appelaient Ste-Françoise d'Assise car je revenais souvent à la maison avec une bestiole, soit un oiseau, un chat ou un chien qui me suivait sans raison. Je pouvais passer des après-midi couchée dans l'herbe à donner des miettes de pain à des petites campagnoles ou aller m'assoir dans la grange pour nourrir les pigeons qui s'y cachaient.
J'étais tout simplement seule et heureuse
lundi 3 septembre 2007
Le feu sauvage
Il y a maintenant plus de 25 ans que ce clip existe chez nous. Ce groupe d'humoristes ont créé des émissions d'humour, des spectacles et j'en passe. En ce qui me concerne ils m'ont toujours fait rire par leur humour noir et pas toujours apprécié de la par de certains individus mais ils ont percé dans le domaine du spectacle.
Je vous présente RBO (Rock et Belles Oreilles):
Et cette parodie sur un jeu télévisé sur la politique:
samedi 25 août 2007
Le temps des récoltes
Ce que j'aimais particulièrement, quand je passais mes étés chez mes grand-parents, étaient les récoltes. C'était un rituel, un cycle religieusement respecté par ma grand-mère.
Fin juin, début juillet, ce sont les fraises qui étaient prête pour la cueillette. On pouvait facilement en ceuillir suffisamment pour faire de la confiture, les congelés et consommer fraiches avec de la crème qui arrivait toute chaude de chez le voisin. C'était si agréable, de sentir les bonnes arômes de la confitures qui cuisait sur le feu.
Grand-maman nous gardait occupés tout l'été avec la conserve et la magie de la transformation des aliments cueuillis. Elle nous faisait assoir autour de la table de la cuisine qui devenait un atelier bien structuré. Ma soeur. mon frère et moi passions tous les après-midi à la préparation des légumes pour les conserves.
Après les fraises, ce sont les haricots, verts et jaunes, les petits pois, ensuite les cornichons, les poivrons et les petits oignons. On cueillait aussi des carottes, pour dégager le rang et ainsi permettre aux carottes de grossir. Donc, carottes, fèves et pois devenaient de la macédoine ou se retrouvait dans un excellent bouilli. Les cornichons tant qu'à eux devenaient d'excellents cornichons sucrés servis en marinade. J'adorais le rituel de la préparation et de l'arôme du vinaigre mélangé au sucre et aux épices.
J'aimais ce que ma grand-mère faisait avec tous ces beaux légumes pour la réserve hivernale.
Et vers la fin de l'été, on organisait la fameuse épluchette de "blé d'inde" ou plutôt maïs. La famille se réunissait sur la terre, on préparait un bon feu de bois et on faisait bouillir le bon maïs sucré que l'on badigeonnait de beurre......hummm délicieux.
lundi 4 juin 2007
Les lundis
Mon grand-père avait installé des cordes entre les arbres le long du terrain chez mes grands-parents, à la campagne. Les arbres étaient majestueux et à une belle distance entre afin de tendre les cordes pour y étendre la lessive. Ma grand-mère aimait l'odeur que les vêtements avaient quand ils avaient passé quelques heures au grand air. Moi aussi d'ailleurs.
Donc, tous les lundis, grand-maman faisait la lessive. Elle étalait sur la corde toute la literie et les serviettes. Parfois les vêtements mais plus souvent, elle les plaçait sur la corde à coté de la maison. Elle disait que c'était pas nécessaire d'étaler son intimité à la vu de tous les passants.
Une fois par contre, elle avait mis nos sous-vêtements et les siens sur la corde entre les deux arbres, ce qui était vraiment exceptionnel. Et il arriva un événement que je n'oublierai jamais.
De l'autre coté de la route, il y avait un enclos où les vaches de Monsieur Venne allaient de temps à autre. Et ce jour-là, la clôture s'est brisé, et les vaches ont traversé la route pour se retrouver sur notre terrain. Il y avait des vaches partout devant la maison et dans le champs de maïs devant. Et soudain, j'entend ma grand-mère crier "NON ALLEZ-VOUS EN". Elle courait vers la corde à linge. Les vaches mangeaient les petites culottes de grand-maman. C'était tellement drôle. Elle se chamaillait avec les vaches qui se foutait d'elle malgré le fait qu'elle gesticulait en essayant de les chasser.
Finalement c'est monsieur Venne qui est arrivé avec ses fils pour rapatrier toutes les vaches et les ramener à leur ferme.
Le soir venu, ma grand-mère était encore dans tous ses états et moi je riais en racontant à mon grand-père ce qui était arrivé. Grand-papa ne riait pas souvent mais ce soir-là il en pleurait tellement c'était drôle. Il imaginait sa femme courant dans tous les sens et criant après les vaches.
Il y a plus de 35 ans de cela et je la ris encore.........








